Historic Garrison District / Historique / Marche du 104e Régiment

Marche du 104e Régiment

Au cours de la guerre de 1812, tandis que les colonies de l’Amérique du Nord britannique font front commun pour résister aux attaques des États-Unis d’Amérique créés d’assez fraîche date, plus de 500 hommes de Fredericton ont entamé à pied un difficile voyage de 1 176 km (730 milles) vers Kingston (Ontario), au cœur de l’hiver, afin d’appuyer les troupes dans le Haut-Canada.

En février 1813, le 104e Régiment de fantassins du Nouveau-Brunswick (autrefois le New Brunswick Regiment of Fencible Infantry) a marché à la file, tirant des toboggans couverts de fournitures, au son du clairon qui entonnait la chanson traditionnelle de départ, The Girl I Left Behind Me. Ils ont quitté la place des Officiers par compagnies, marchant sur la rivière Saint-Jean gelée.

Durant les sept premiers jours, les hommes ont trouvé refuge dans les granges et les bâtiments le long de la route. Le huitième jour, ils se sont retrouvés dans la nature sauvage de la Vallée du Haut-Saint-Jean faiblement peuplée. Chaque nuit, les hommes abattaient des arbres pour construire un abri, car la température descendait entre 27 et 32 oC sous zéro. Ils se nourrissaient de galettes et de porc salé.

Après avoir essuyé des tempêtes féroces et souffert d’engelures et de la faim, et avoir connu parfois des moments heureux où de bons samaritains transportaient les hommes en traîneaux pendant quelques milles ou leur offraient à manger et à boire, le régiment est arrivé à Kingston (Ontario) le 12 avril 1813.

Après avoir marché pendant 53 jours, soit environ 27 km par jour, de nombreux hommes souffraient d’engelures, de plaies et des effets de la marche en raquette pendant une si longue période avec un conditionnement insuffisant. Un soldat est mort durant les premiers jours de la marche, fort probablement malade avant de quitter Fredericton (pendant bon nombre d’années, on a cru qu’aucun soldat n’était mort durant ce périple, mais il s’agissait d’une méprise fondée sur le récit direct du lieutenant John LeCouteur). Un autre soldat, dont la peau couverte d’engelures avait l’air d’avoir été ébouillantée en entier, a été laissé derrière à peu près à mi-chemin, mais il a rejoint le groupe six semaines plus tard.

Le régiment a ensuite participé à plusieurs batailles importantes, subissant de lourdes pertes. Cette marche et le courage extraordinaire de ces hommes constituent un exploit fabuleux de l’histoire militaire.

La passerelle qui relie aujourd’hui la rue Carleton et le sentier de marche est nommée en l’honneur des braves soldats du 104e Régiment de fantassins.